Le Canada et la Première Guerre mondiale

Foi et fatalisme

La foi religieuse aidait bon nombre de soldats à faire face aux horreurs de la guerre. D'autres faisaient preuve d'un fatalisme parfois morbide, s'en remettant à la chance, à la superstition ou à l'inéluctabilité des choses pour survivre.

Aumôniers pour les soldats croyants

La religion jouait un rôle essentiel dans la vie de la plupart des soldats. Des aumôniers militaires de plusieurs confessions leur offraient un réconfort et une consolation spirituels. Des 440 aumôniers qui servirent outre-mer, 357 étaient protestants et 83 catholiques.

Les aumôniers faisaient des exposés ou prononçaient des sermons devant de grands groupes de soldats au cours de rassemblements religieux, mais ils avaient également des conversations privées avec les soldats, organisaient des manifestations sportives et parfois écrivaient des lettres pour ceux qui étaient analphabètes. Beaucoup d'aumôniers étaient conscients de devoir faire preuve d'une grande sensibilité dans leur rôle, apportant une consolation ou donnant un conseil lorsqu'on le leur demandait et s'abstenant de sermons importuns sur les méfaits de l'alcool ou du tabac. Les soldats avaient du respect et de l'admiration pour les aumôniers qui servaient près de la ligne de feu, mais beaucoup moins pour ceux qui restaient à l'arrière.

Croire en la chance

D'autres soldats ne plaçaient leur foi que dans le caractère aléatoire des événements, ayant constaté trop peu de liens entre dévotion et survie. Des soldats endurcis qui avaient vu mourir nombre de leurs amis et camarades étaient souvent persuadés, avec un profond sentiment de résignation, que rien ne pouvait éloigner la mort. Les soldats avaient coutume de dire qu'ils mourraient lorsque leur heure serait venue.