Le Canada et la Première Guerre mondiale

La Somme

La bataille de la Somme a duré plus de quatre mois, du 1er juillet au 18 novembre 1916. Les commandants alliés cherchèrent à soulager la pression sur les défenseurs français de Verdun, au sud, en infligeant de lourdes pertes aux forces allemandes plus au nord et en attirant des réserves allemandes dans la bataille.

Les défenses allemandes résistent aux barrages d'artillerie

Il était prévu que les forces françaises jouent un rôle de premier plan dans l'offensive alliée conjointe, mais les lourdes pertes subies à Verdun réduisirent leur capacité de participer. Des forces britanniques et d'autres forces impériales, sous le commandement de sir Douglas Haig, assumèrent donc la responsabilité de la plus grande partie du front.

Les défenseurs allemands le long de la Somme avaient construit des abris profonds qui étaient difficiles à trouver, sans parler de les détruire avec des tirs d'artillerie. Un bon nombre des centaines de milliers d'obus britanniques tirés avant l'attaque n'explosèrent pas en raison de problèmes de contrôle de la qualité en cours de fabrication. Pour d'autres, les détonateurs n'étaient pas assez sensibles pour exploser au contact des fils de fer barbelés, ce qui réduisait encore l'efficacité des bombardements. De nombreux abris et positions de mitrailleuses allemands ne subirent ainsi pratiquement aucun dommage, et de profondes rangées de barbelés subsistaient.

Une désastreuse première journée, une bataille catastrophique

Les troupes britanniques se lancèrent à l'assaut le 1er juillet 1916, s'attendant, après la violence de leur propre barrage, à une simple promenade sur les lignes allemandes. Elles furent au contraire accueillies par des tirs terribles de fusils, d'artillerie et de mitrailleuses qui de toute évidence n'avaient pas souffert des bombardements. Le premier jour de la bataille de la Somme fut un désastre, avec près de 60 000 pertes.

Aucune unité d'infanterie canadienne ne participa à cette attaque, mais, à Beaumont-Hamel, le 1st Newfoundland Regiment, attaché à une division britannique, fut décimé le 1er juillet par un tir de mitrailleuses alors qu'il attaquait en terrain découvert. En 30 minutes, sur les 801 soldats du régiment, 324 furent tués et 386 blessés.

La première journée de la bataille de la Somme

La première journée de la bataille de la Somme fut catastrophique pour l'Armée britannique et un choc pour tous les Alliés. Malgré les gains limités des Alliés, les forces allemandes avaient aussi horriblement souffert. Les Britanniques poursuivirent les attaques pendant des mois, jusqu'en automne. Quand la bataille prit fin, chaque camp avait subi plus de 600 000 pertes.

La bataille de la Somme, une controverse historique

La bataille de la Somme fut une des campagnes d'usure les plus longues de la guerre, et demeure une des grandes controverses historiques. Des critiques avancent que des généraux britanniques inefficaces et sans pitié imposèrent à leurs soldats des attaques infructueuses et coûteuses, ne leur fournissant ni armes adéquates ni tactiques efficaces pour percer les tranchées ennemies. D'autres historiens laissent en outre entendre qu'on ne pouvait guère faire autre chose à ce stade de la guerre pour obtenir la victoire, et que l'usure des troupes allemandes le long de la Somme allégea suffisamment la pression sur les Français à Verdun pour éviter que le front occidental allié ne s'effondre en 1916. Les demandes d'aide de la part des Français, soutiennent-ils, forcèrent les Britanniques à attaquer avant d'être prêts. Sans l'artillerie lourde ou les obus nécessaires pour supprimer les tirs ennemis, les Britanniques subirent des pertes énormes.

La bataille de la Somme fut une impasse coûteuse qui fit critiquer durement les commandants alliés, particulièrement Haig, et rendit les Allemands déterminés à éviter des pertes semblables en modifiant leurs systèmes défensifs. Au cours des combats de 1917, les Alliés, malgré leurs techniques d'assaut améliorées, allaient faire face à des défenses allemandes plus profondes et plus sophistiquées.

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