Le Hamilton Spectator et ses archives
Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le personnel du journal
centenaire The Hamilton Spectator a tenu des archives monumentales sur la
guerre. On y trouvait des articles et des éditoriaux documentant
pratiquement tous les aspects de la guerre, ainsi que des
dossiers-matières sur chaque pays impliqué, chaque force
armée et toutes les grandes campagnes. Des renseignements sur la
vie politique, économique et sociale du Canada y figuraient
également. Il est difficile d'imaginer meilleur regard sur la guerre
vue du Canada.
Les documents ne proviennent pas que du Spectator, mais aussi
des quotidiens anglophones torontois The Globe and Mail, The Toronto Telegram et The
Toronto Daily Star, ainsi que de journaux étrangers tels que
The New York Times. The Hamilton Spectator a
fait don de ses archives en 1952 à la Section historique de
l'armée du ministère de la Défense nationale.
Elles ont par la suite été transférées au
Musée canadien de la guerre, où elles sont
conservées.
Article de journaux d'intérêt
The Hamilton Spectator 100th anniversary edition,
July 1946
La recherche et le Hamilton Spectator
Les archives du Hamilton Spectator offrent de merveilleuses
possibilités de recherche sur des sujets liés à
la Deuxième Guerre mondiale. On ne trouve nulle part ailleurs une
aussi riche couverture médiatique commodément groupée
par sujets. Toutes les grandes nouvelles y sont, ainsi que beaucoup de
nouvelles de moindre importance qui n'en sont pas moins précieuses.
On trouve aussi diverses opinions éditoriales du Spectator et
d'autres journaux.
Mais il y a des lacunes. La collection contient surtout des journaux de
Toronto et de Hamilton, ce qui donne des points de vue urbains anglophones.
Rarement la pensée du
Québec, de la population rurale ou des Canadiens n'appartenant
pas à la moitié de la population que le recensement national
qualifiait de " britannique " y est réflétée. En outre,
la censure et la propagande
empêchaient souvent de relater intégralement ou franchement
des événements et donnaient aux articles une saveur
exagérément optimiste. Il ne faut pas oublier que les
médias étaient saturés d'une propagande visant
à faire gagner la guerre. Censure et propagande mettaient l'emphase sur
le côté positif.
De plus, les journaux s'attachent à l'instant
présent. Ils rapportent et réagissent.
On n'y retrouve généralement pas de réflections
profondes, d'analyse approfondie ou de vue d'ensemble de la situation. À
l'occasion, le lecteur d'aujourd'hui
découvrira un article ou un éditorial paraissant
faire preuve d'une grande sagesse sur un
sujet de guerre, mais dans un plus grand nombre de cas il découvrira des articles qui aujourd'hui
nous apparaissent tout à fait faux. Il faut donc se servir des archives avec prudence et discernement,
en tenant compte des limites des articles rédigés
à des moments et dans des lieux particuliers, sans l'avantage
du recul. Il faut lire cette revue de presse en combinaison avec
d'autres archives historiques, par exemple des
livres, des articles historiques, des documents publics et
privés et d'objets du type de ceux que l'on trouve dans
les musées, allant des vêtements à
l'équipement militairen et en considérant le point
de vue des adversaires du Canada pendant la guerre.
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